Un chou vert en pays de cocagne

De passage à Lavaur au début du mois de juin, j’allais assister au festival « En esperar l’estiu », journée festive et kermesse de l’école occitane de la ville. Une belle journée de printemps en perspective mais j’avais oublié de préparer le piquenique.

Profitant de l’accalmie prévisible de l’heure de l’apéro, je prends la direction du marché de plein vent à quelques centaines de mètres en quête de nourriture, flanqué de mon boîtier on ne sait jamais… J’aime flâner dans les marchés, sentir les odeurs, entendre les conversations, entre l’étal d’un boucher et le stand d’un brocanteur, de la dégustation du miel d’un apiculteur du coin à la fraîcheur des fruits de saison, des couleurs des habits aux senteurs de cuisine des foodtrucks.

Alors que la saison est terminée depuis un bon moment, contre toute attente quatre choux verts somnolent au fond d’une cagette sur l’étal d’un maraicher. Je demande la permission de les shooter et sitôt cadrés, un spécimen de Brassica oleracea prend la poudre d’escampette dans les bras tatoués d’une cliente. « C’est pour la soupe de ce soir » qu’elle me dit. Quart de tour immédiat et click en gros plan sur la brassée crucifère provoquant l’hilarité des marchands, des clients et des passants.

Je réalise aussitôt les formalités préalables à l’adoption d’un chou vert, à savoir payer 1,50 €, et nous voilà partis vers de nouvelles aventures photographiques et légumineuses.

Ça va faire trois mois qu’une question me taraude : Qui fait de la soupe de choux au mois de juin ?…

Je vous concocte des très bons chapitres pour cet automne, mais il faudra mijoter encore un petit peu.

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